Savoir quand utiliser la chaîne cinétique ouverte (CCO) ou la chaîne cinétique fermée (CCF) est souvent difficile.
Par exemple, dans les suites de chirurgies type ligamentoplastie du genou ou dans les syndromes rotuliens, l’introduction d’un travail ou d’un autre demande réflexion. Il faut bien connaitre les avantages et les inconvénients de chaque type de travail.
DÉFINITION :
La chaîne cinétique ouverte correspond au mouvement d’un ensemble de segments articulés entre eux dont le plus distal possède une extrémité libre.
Pour le quadriceps, il correspond généralement au travail assis sur une chaise à quadriceps, le poids au niveau du tibia ou de la cheville.

Les avantages de ce type de travail sont :
- la spécificité du travail du quadriceps,
- un travail de force.
Les inconvénients sont :
- un travail peu fonctionnel,
- le risque de tiroir antérieur au niveau du tibia qui est délétère pour le transplant suite à une ligamentoplastie du genou.
La chaîne cinétique fermée, elle, est un mouvement d’une suite de segment dont le point distal est fixe.
Pour le quadriceps, il correspond à un travail en charge debout (squat, fente…) ou sur presse.

Les avantages sont :
- un travail plus fonctionnel,
- un travail en chaîne,
- un travail de stabilité.
Les inconvénients sont :
- un travail moins spécifique du quadriceps,
- un risque lors d’atteintes méniscales.
LE CHOIX DU TYPE DE TRAVAIL :
Le choix du type de travail va donc dépendre :
- De la pathologie,
- De la douleur et du secteur angulaire douloureux,
- De ce qu’on veut travailler.
La distribution des forces au niveau de la patella, par exemple, dépend de l’angulation et du type de travail :

On le voit sur le graphique, en CCF de 0 à 30° de flexion, la pression sur la patella est moindre alors qu’en CCO c’est l’inverse : la pression est moins importante après 60°.
Lors de douleurs rotuliennes, on va donc privilégier ces secteurs.
CAS CONCRET :
Mr M., 27 ans, maître-nageur, souffre d’un syndrome rotulien depuis 1 an. Il est douloureux au bout de 20’ de marche coté à 5 sur EN.
A l’examen, on retrouve un genou sec avec une mobilité à 5/0/140 coté douloureux et 5/0/145 coté sain.
Le tendon rotulien est douloureux à la palpation et à la contraction contre résistance en chaîne ouverte après 45°.
Le travail en squat était lui sensible après 60° de flexion.
Parallèlement au travail classique de prise en charge d’un syndrome rotulien, les objectifs seront de :
- Diminuer les contraintes des tissus mous péri-rotuliens,
- Corriger les déficits de la hanche et du tronc,
- Améliorer la contraction du quadriceps :
Nous avons mis en place un travail sur KINEO.
Le protocole :
- Détermination de la force maximale en dynamique concentrique en mode Visqueux, niveau de viscosité 1,
- travail alterné de chaîne ouverte et de chaîne fermée à 50% de la force maximale.
Le travail en squat se faisait dans un secteur non douloureux de 0 à 30° de flexion.
Le travail en chaîne ouverte se faisait entre 90 et 60° de flexion.


Conclusion :
Après deux semaines de travail, les douleurs ont largement diminué (cotée à 2 sur l’EN ). Nus pouvons dès lors supposer que la poursuite de ce type de travail permettrait à Mr M de faire disparaître ses douleurs et de commencer une phase de réathlétisation.
