Le syndrome douloureux rotulien (SDR) touche 53 personnes sur 10 000 personnes, ce qui représente 25 à 43% des pathologies du membre inférieur. Le SDR évolue en pathologie chronique dans plus de 70% des cas (Rambaud, 2013). Il semble donc important de mettre en place une prise en charge adaptée dès le diagnostic établi.
LE SDR EN QUELQUES CHIFFRES
Le syndrome douloureux rotulien (SDR) touche 53 personnes sur 10 000 personnes, ce qui représente 25 à 43% des pathologies du membre inférieur. Le SDR évolue en pathologie chronique dans plus de 70% des cas (Rambaud, 2013). Il semble donc important de mettre en place une prise en charge adaptée dès le diagnostic établi. De plus, il peut être l’une des complications après une opération du LCA. En effet 11% des personnes peuvent présenter un SDR entraînant l’arrêt de la pratique après une plastie du LCA (Shelbourne, 1997). Les femmes semblent être plus sujettes à ce type de pathologie (1,6 fois plus important que chez les hommes).
QU’EST CE QUE LE SDR ?
Le SDR est la cause d’un dysfonctionnement biomécanique de l’articulation. Les forces appliquées à l’articulation varient selon l’activité : de 0,5 fois le poids corps lors de la marche, à 3,3 fois lors de la montée des escaliers et même 7 fois lors de squats profonds. Seule la partie inférieure de la rotule est en contact avec la partie distale du fémur lors de l’extension de genou. En augmentant la flexion du genou, les contraintes sur la rotule augmentent.
La douleur apparaît lors d’une position assise ou accroupie prolongée, ou encore lors de la montée et descente d’escalier (M. Jung, 2000) et (Rambaud, 2013). De plus, la douleur est fréquente dans les activités sportives nécessitant des sauts à répétitions.
LE SDR AU NIVEAU MUSCULAIRE
Le SDR peut être associé à un déséquilibre postural, mettant en évidence une rotation médiale associée à une adduction de la hanche et du genou (Rambaud, 2013). Un déficit moyen de l’ordre de 19% des quadriceps peut être constaté (Lecoq, 2004 ; Oldham, 2004 ; Kya, 2011). Un retard d’activation du vaste médial semble expliquer l’augmentation de la contrainte sur l’articulation (Neptune, 2000).
PROFIL D’UN SDR EN ISOCINETISME
(Pour revue : voir Jung, 2000 ; Anderson, 2003 ; Lecoq, 2004)
On observe dans ce cas de figure une inhibition en concentrique du quadriceps, ainsi qu’un manque de force du vaste interne. Ce dernier entraîne un non maintien de la rotule en position lors la fin d’extension. Lors de la phase excentrique, il y a une difficulté à maintenir la contraction du quadriceps à 30°/S plateau ou inhibition). Sur le test de fatigabilité à 240°/S, on peut remarquer un défaut de recrutement des fibres rapides. Enfin, on peut remarquer un craquement rotulien en concentrique et en excentrique.

LE PROTOCOLE
(Pour revue : M. Jung, 2000 ; Fulkerson, 2002 ; Heintjes, 2009 ; Lankhorst, 2012 ; Giles, 2013 ; Rambaud, 2013).
Les différentes études mettent en évidence une atrophie du quadriceps associée à un déficit de force chez les personnes pathologiques, ou encore une diminution du couple de force des quadriceps en concentrique et en excentrique lors d’une évaluation isocinétique. Dès lors, un travail de renforcement musculaire en concentrique et en excentrique du quadriceps est mis en place pour agir sur le volume musculaire du quadriceps mais également sur l’activation du vaste médial. Le renforcement des quadriceps a un effet positif sur la douleur rotulienne et permet de corriger le positionnement de la rotule. Il est important que ce travail musculaire soit progressif, afin de maîtriser dans le temps les contraintes exercées sur la rotule. Un travail de renforcement des abducteurs de la hanche doit également être associé pour lutter contre le genu valgum dynamique.
Enfin, certains auteurs mettent en avant l’intérêt d’un travail fonctionnel réalisé en parallèle du travail de force pour potentialiser les effets du travail (Puig, 2010 ; Hot, 2010 ; Almeida, 2016).
Utilisation du système Kineo
KINEO est un dispositif d’évaluation, de rééducation et de préparation physique avec un système de biofeedback en temps réel. Première machine basée sur la reprogrammation neuro-musculaire, c’est un outil complet permettant de réaliser soit un travail analytique soit un travail fonctionnel en chaine cinétique fermée ou ouverte (CCF ou CCO). Son principal atout est la possibilité de différencier la charge excentrique et concentrique lors des différents exercices proposés.
Comment dès lors envisager l’utilisation des différents avantages du système KINEO pour agir sur les éléments mis en évidence par la littérature scientifique dans la prise en charge du SDR ?
Les 12 séances
Séances 1-4 : Objectif : diminuer l’inhibition à 60°.
Nous réaliserons un travail excentrique du quadriceps en CCO grâce aux modes « Visqueux » et « Variation Load Curve » (Charge Variable)
Pour le travail Excentrique, on va préconiser l’utilisation du mode Visqueux. En effet, il permet de solliciter le muscle sur toute l’amplitude tout en limitant les douleur, la charge s’adaptant aux capacités du patient.
En parallèle on va associer un travail en Variation Load Curve afin d’agir sur le « creux » observé à partir du test isocinétique. Ce mode permet de diminuer la charge sur les angles douloureux et de conserver ainsi une activation neuro-musculaire adaptée sur l’ensemble du mouvement.

Séances 5-8 : Objectif renforcer le quadriceps et plus particulièrement le vaste interne.
Nous utiliserons le mode Elastique en CCO. Le travail élastique nous permet de différencier la charge de départ et la charge de fin. On va donc venir solliciter le vaste interne de façon plus spécifique, en mettant une charge plus forte sur la fin du mouvement.
On va également pouvoir utiliser le mode Isométrique en CCO sur les angles plus faibles, notamment lors de l’extension de la jambe pour solliciter le vaste interne. Attention toutefois, il ne doit pas y avoir de douleur lors du travail.
Enfin, on y associe un travail de force concentrique en mode Visqueux en CCO. La charge s’adapte ainsi aux capacités du patient.
Séances 9-12 : Objectif réintégrer les résultats obtenus en analytique sur des mouvements fonctionnels.
Effectuer un travail concentrique et excentrique des quadriceps en CCO et CCF lors de mouvements fonctionnels pouvant être effectués, grâce au système de poulie mis en place sur la KINEO.
