Prise en charge du syndrome fémoro-patellaire post-ligamentoplastie par DIDT chez un rugbyman professionnel – Gregory Vigne Docteur en science du sport

Une complication fréquente (10-22% [1]) après la reconstruction du LCA est le syndrome femoro-patellaire, qui reste gênant pour un tiers des genoux après la chirurgie par une greffe du tendon des ischio-jambiers [2,3]. 15% des patients ayant subi une chirurgie reconstructrice du LCA ont retardé leur reprise d’activité sportive en raison de douleurs liées au SDR [4,5].

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un rugbyman professionnel du Top 14.  Il présentait un syndrome femoro-patellaire à 11 mois post ligamentoplastie par DIDT avec ténodèse latérale et suture du ménisque interne. L’enjeu de sa venue chez Reathletic était une reprise rapide de ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique pour préparer la deuxième partie de saison du championnat. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps et de ses ischio-jambiers sur certaines angulations en flexion. A son arrivée chez Reathletic, suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, 15 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 3 semaines consécutives ont été préconisées. Se sont ajoutées 6 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement du vaste interne) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  L’objectif secondaire était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser la reprise du rugby.

Le protocole devait se dérouler en 3 étapes : restaurer les qualités musculaires du quadriceps, renforcement musculaire du bas du corps avec intensification de la charge de travail et associé à du travail d’endurance musculaire, préparation physique spécifique rugby. Cependant, après 5 séances de travail, nous avons constaté de réelles difficultés biomécaniques qui empêchaient toute évolution marquée de l’état du sportif. Après concertation avec son chirurgien, il a été décidé de poursuivre la prise en charge en réathlétisation avec programmation de nouveaux examens et d’orienter uniquement le travail sur de la force. Il a alors été détecté un cyclope et un point de la suture méniscale avait lâché. Suite à une nouvelle chirurgie, le staff médical de son club l’a pris en charge en rééducation. Lors de sa période de convalescence post opératoire, le kiné du club ayant la charge de ce joueur, est venu suivre le module réathlétisation genou dispensé par Reathletic.

Le staff médical du joueur a décidé de le faire venir chez Reathletic pour évaluer son niveau de récupération et initier la phase de réathlétisation. Une nouvelle prise en charge de 10 séances sur 2 semaines consécutives d’une durée d’1H30 a été mise en place 1 mois après son opération. L’objectif était de recouvrer une capacité et un contrôle neuromusculaire permettant au joueur de poursuivre sa réathlétisation dans son club auprès du kiné formé et de reprendre progressivement l’entraînement spécifique.

Pour cela, nous avons utilisé un nouveau système de renforcement musculaire appelé Kineo. Il s’agit d’un procédé permettant un travail analytique mais surtout fonctionnel avec définition différenciée de la charge concentrique et excentrique. Le travail fonctionnel peut-être réalisé sur une distance de 5 mètres avec au choix différentes modalités de contraintes. La spécificité de cette machine nous a permis d’intégrer un travail spécifique de freinage et de maîtrise des changements de direction avec contrainte externe. L’utilisation de Kineo amène une variété de travail tout en étant sécuritaire lors de l’exécution des mouvements.

La reprise intensive de l’entraînement a pu se faire lors de la réintégration du joueur dans l’effectif pour la préparation physique de début de saison. Cela lui a permis de participer aux matches amicaux de présaison et de postuler à une place de titulaire pour cette nouvelle saison en Top 14.

Références :

  1. Monnot et al. 1st World Sports Physical Therapy Congress, Bern, Switzerland, November 20th-21st, 2015.
  2. Culvenor AG, Collins NJ, Vicenzino B, Cook JL, Whitehead TS, Morris HG, Crossley KM. Predictors and effects of patellofemoral pain followinghamstring-tendon ACL reconstruction. J Sci Med Sport 2016; 19(7):518-523.
  3. Li et al. Knee, 18:287–293, 2011
  4. Shelbourne KD, Trumper RV. Preventing anterior knee pain after anterior cruciate ligament. Am J Sports Med 1997; 25:41–7.
  5. Savalli L, Hernandez-Sendin MI, Puig PL, Trouve P. Pain after anterior cruciate ligament reconstruction: detail and treatment. Annales de réadaptation et de médecine physique 2004; 47:299–308.

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